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La réalité des ransomwares en 2025 : ce qu'il faut savoir

Rédigé par Matthew Olney | 8 juil. 2026 15:33:16

En 2025, nous assistons à une évolution dans le mode de fonctionnement des ransomwares, dans le choix de leurs cibles et dans les conséquences pour les victimes. Il ne s’agit plus seulement de données volées, mais aussi d’une érosion de la confiance, d’une paralysie des activités et d’une atteinte à long terme à l’image de marque. Cet article explore l’évolution du paysage des menaces liées aux ransomwares pour 2025.

Retour sur l’année 2024

2024 a été l’une des années les plus prolifiques à ce jour en matière d’activité des ransomwares. Selon les données de Sophos, 59 % des entreprises ont déclaré avoir été victimes d’attaques par ransomware, et 70 % de ces incidents ont entraîné le chiffrement des données. Cela marque un changement notable dans les taux de réussite des attaquants et démontre que de nombreuses organisations ne sont toujours pas suffisamment préparées à faire face à ce type de cyberattaque. Les rançons exigées ont été multipliées par cinq en moyenne par rapport à l’année précédente, ce qui témoigne de la confiance et de l’agressivité croissantes des acteurs malveillants.

L’une des statistiques les plus préoccupantes est que 32 % des incidents liés aux rançongiciels provenaient de vulnérabilités non corrigées. Cela illustre un échec persistant en matière d’hygiène informatique, car de nombreuses entreprises peinent encore à gérer l’application des correctifs sur des environnements numériques complexes.

Les ransomwares en 2025 : qu’est-ce qui a changé ?

De nouveaux groupes, de nouvelles ruses

Si bon nombre des principaux groupes de ransomware de 2024 restent très actifs, l’année 2025 a vu l’émergence de plusieurs nouveaux acteurs malveillants qui redessinent le paysage. Des groupes tels que Meow, KillSec, DragonForce et Cicada3301 ont fait leur entrée sur le devant de la scène avec des tactiques novatrices et une approche agressive visant à perturber les activités. Ces groupes sont plus décentralisés, plus difficiles à tracer et associent souvent des attaques à motivation financière à des objectifs idéologiques. Certains opèrent sous le couvert de l’hacktivisme, ciblant les gouvernements et les entreprises non seulement pour obtenir une rançon, mais aussi pour faire passer des messages politiques.

Ces nouveaux groupes apportent également leur lot d’innovations. Ils adoptent des méthodes d’intrusion multivectorielles, notamment l’utilisation d’exploits « zero-day », l’exploitation de configurations incorrectes dans le cloud et l’ingénierie sociale alimentée par l’IA. Leurs modèles d’extorsion vont souvent au-delà du chiffrement et de la fuite de données, intégrant des menaces pour la réputation, des risques juridiques et même des campagnes coordonnées de désinformation. L’écosystème des ransomwares se banalisant de plus en plus, il est plus facile que jamais pour des acteurs moins expérimentés de lancer des attaques dévastatrices à l’aide de kits de logiciels malveillants prêts à l’emploi et d’outils de diffusion automatisés.

Parmi les groupes de ransomware les plus actifs en 2024 figuraient RansomHub, LockBit 3.0, Play, Akira et Hunters International, chacun d’entre eux recourant à des techniques d’extorsion avancées telles que la double ou la triple extorsion. Leurs opérations ont été renforcées par le recours à des affiliés et à des modèles de « ransomware-as-a-service », ce qui a permis une prolifération rapide.

Les technologies opérationnelles dans la ligne de mire

Le ciblage des environnements de technologies opérationnelles (OT) par les auteurs de rançongiciels devrait s’intensifier en 2025. Les systèmes OT sont chargés de contrôler les processus physiques dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière, l’énergie, les services publics et la santé. Ces systèmes sont souvent obsolètes, ne disposent pas de contrôles de sécurité robustes et ne peuvent pas être facilement mis à jour ou mis hors ligne pour maintenance, ce qui en fait des cibles de choix.

Les auteurs de rançongiciels ont compris qu’en perturbant les chaînes de production, les dispositifs médicaux vitaux ou les infrastructures nationales, ils peuvent exercer une pression considérable sur leurs victimes pour qu’elles cèdent rapidement. Dans de nombreux cas, même de brèves interruptions entraînent des pertes se chiffrant en millions ou constituent un risque potentiel pour la sécurité des personnes. Cette tendance s’est traduite par une hausse spectaculaire des attaques visant les secteurs de l’industrie manufacturière et de la santé, qui sont désormais les deux secteurs les plus ciblés à l’échelle mondiale.

Montée en puissance des ransomwares « hacktivistes »

En 2025, les ransomwares ont définitivement fait leur entrée dans la sphère géopolitique. Des groupes alignés sur des États-nations, en particulier ceux liés à la Russie et à l’Iran, ont de plus en plus utilisé les ransomwares comme une arme de perturbation, de désinformation et de déstabilisation.

Ces groupes dits « hacktivistes » revendiquent souvent la responsabilité de leurs attaques sous des noms de collectifs pseudonymes. Leurs cibles vont des agences gouvernementales et des sous-traitants du secteur de la défense aux médias et aux établissements d’enseignement.

Ce qui rend ces menaces particulièrement dangereuses, c’est qu’elles combinent les tactiques traditionnelles de la cybercriminalité avec des capacités d’État. Elles peuvent exploiter des vulnérabilités « zero-day », recourir à la désinformation pour amplifier l’impact d’une attaque ou coordonner plusieurs attaques simultanées. La planification de la cyber-résilience doit prendre en compte le risque de ransomware à motivation politique et la collecte de renseignements sur les menaces.

Menaces basées sur l’IA

L’intelligence artificielle transforme les ransomwares. En 2025, l’IA est intégrée à chaque étape du cycle de vie d’une attaque, de la reconnaissance à la génération de la charge utile, en passant par l’ingénierie sociale et les mouvements latéraux. Les acteurs malveillants utilisent l’IA pour créer des e-mails de hameçonnage hyper-personnalisés, imiter le style rédactionnel des dirigeants, voire générer des messages audio et vidéo « deepfake » réalistes afin de tromper les employés.

L’essor de l’IA signifie que les organisations doivent aller au-delà de la détection basée sur les signatures et investir dans l’analyse comportementale, la détection des anomalies et leurs propres défenses basées sur l’IA pour garder une longueur d’avance.

Les données prises pour cible

En 2025, les ransomwares ne se contenteront plus de verrouiller des fichiers ou de voler des données : ils s’attaqueront à leur intégrité. Cette tactique consiste pour les cybercriminels à corrompre, altérer ou manipuler des informations sensibles avant d’exiger une rançon. Dans certains cas, les attaquants ont menacé de modifier subtilement des registres financiers, des données de patients ou de la propriété intellectuelle, semant ainsi le doute au sein des systèmes de l’organisation.

Cela crée un nouveau niveau d’urgence. Il ne suffit plus de restaurer à partir de sauvegardes : les organisations doivent désormais vérifier la fiabilité des données restaurées. Pour les secteurs qui reposent sur l’exactitude des données — tels que la finance, la santé et le droit —, cela est particulièrement dangereux.

Les cybercriminels ne cherchent plus simplement à extorquer de l’argent : leur objectif est désormais de provoquer des perturbations, d’éroder la confiance et de déstabiliser les services critiques.

La résilience est essentielle

Les stratégies de sécurité doivent désormais prendre en compte la détection précoce, la réponse rapide, la reprise après sinistre et la continuité des activités. L’intégration de filtres de messagerie avancés, d’analyses comportementales, de renseignements sur les menaces et d’une surveillance en temps réel est essentielle. Parallèlement, les organisations doivent redoubler d’efforts en matière d’hygiène informatique de base : l’application des correctifs aux systèmes, la révision des contrôles d’accès et la sensibilisation des utilisateurs restent des moyens de défense puissants.

En 2025, les organisations les plus performantes seront celles qui dépasseront les approches de sécurité réactives. Ce seront celles qui considéreront la cybersécurité comme un levier de croissance : en lui accordant la priorité lors des réunions du conseil d’administration, en lui allouant un budget et en nouant des partenariats avec des experts capables de les aider à s’adapter aux défis à venir. Car en matière de ransomware, rester immobile revient à prendre du retard.

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